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Pour apprendre une poésie, mieux vaut la vivre !

Souvenir d’enfance ou de parent, la poésie de l’école rappelle à chacun de nous une épreuve parfois joyeuse, souvent laborieuse. Et pourtant, lorsque l’on sait comment la mémoire fonctionne, l’apprentissage des alexandrins et autres comptines peut devenir… un jeu d’enfant !


Apprendre une poésie permet de s’ouvrir à des auteurs et à leurs univers. Mais c’est avant tout un moyen d’entraîner et de développer sa mémoire. Si bien que quand le jour de la récitation approche, c’est tout le monde qui se met la pression, parents comme enfants !

Cela est dû au fait qu’on appréhende la poésie comme une suite de phrases à apprendre. On en comprend le sens, certes, mais l’objectif est de connaître par coeur les mots, les vers, les strophes, jusqu’à ce que plus rien ne vienne faire butter la « récitation ». La stratégie classique est d’apprendre la première ligne, puis la première strophe, on enchaîne sur la seconde jusqu’à atteindre le point final.

Cette méthode est autant énergivore qu’inutile. Eh oui ! Nous avons appris de nombreux textes et il n’en reste souvent plus grand chose des années après ! Que se passe-t-il au moment de l’apprentissage ? Comment améliorer nos performances tout en gardant le bénéfice du savoir acquis plusieurs années après ?

L’erreur que nous avons tous commise (et que vous ne ferez plus après avoir lu ce texte) est d’utiliser l’audition pour apprendre. Apprendre et répétez des mots et des phrases fait appel au canal auditif interne. On se répète la poésie dans sa tête, on l’entend quand on la récite à voix haute. Et quand on a “un trou”, que fait-on ? On se pose une question du type “qu’y a-t-il après ce mot que j’ai appris ?” et on encombre le canal auditif déjà bien encombré !

L’apprentissage d’un texte est une expérience comme une autre

Comment éviter cela ? Faire de l’apprentissage une expérience comme une autre. Car oui, vous vous souvenez bien plus de vos expériences passées – et parfois lointaine – plutôt que d’une poésie ! Cela est dû au fait que votre cerveau encode les informations d’une expérience sous forme de toutes petites parties sensorielles appelées “sous-modalités”. Par exemple, un souvenir de plage fera émerger des couleurs, des sons, une température, une odeur. Les éléments de l’expérience passée se rassemblent et reviennent au présent comme une madeleine de Proust, avec une émotion particulière qui se réactive. Plus vous encodez d’informations sensorielles, plus votre souvenir sera durable et précis et plus la mémoire émotionnelle sera stimulée.

Ma méthode pour apprendre une poésie ou quoique ce soit d’autre

Et la poésie dans tout ça ? Je vous fais part de la manière dont je m’y prends avec mon fils. En CP, il eut à apprendre la poésie “Les gratte-ciel” de Corinne Albaut et donc voici le texte :

A New York City,
Sam se sent tout petit
Quand il regarde en l’air,
pour voir un peu de bleu,
Il se cogne les yeux
Contre le béton et le verre
Des gratte-ciel, plantés serrés comme des arbres dans la forêt.

A cet âge, il ne connaissait pas New-York. Je lui ai donc présenté des photos de la skyline, des gratte-ciel vus par un piéton, je lui ai passé des sons typiques des rues de la ville, je lui ai même préparé un hot-dog aux oignons pour qu’il ait un repère olfactif ! Grâce à la mobilisation de tous ses sens, il a créé une expérience et s’est mis à la place de Sam pour vivre la poésie. Il lui a fallu quelques minutes d’apprentissage du texte pour le connaître par coeur. Et dans le coeur, existe toujours cette émotion qu’il a eu de partir à New-York sans sortir de chez lui. Nul doute qu’il s’en souviendra plus grand et que cela lui donnera envie d’aller voir de ce côté là de l’Atlantique ce qui a bien pu le faire rêver quand il était petit. L’objectif premier du professeur – l’ouverture à la culture – était donc parfaitement atteint.

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