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En finir avec la valeur travail !

J’entends souvent parler d’un concept qui serait à l’origine de nouveaux enjeux en entreprise : la valeur travail. De nombreuses personnalités politiques ou économiques veulent la réhabiliter au motif qu’elle serait malmenée par la génération qui accède à son premier emploi ou par ceux qui veulent changer de vie au bureau. Chacun y va de son diagnostic et, surtout, de sa solution pour redonner force à cette valeur travail.

Le problème est qu’ils se trompent de constat – et donc de cible – puisque la valeur travail n’existe pas !

En psychologie, les valeurs expriment des motivations qui servent à atteindre des buts ; elles servent de critères pour guider l’action. Ainsi, je vais au restaurant pour satisfaire ma valeur « gourmandise » ; mes valeurs « écologie » et « santé » me poussent à me déplacer en vélo, etc.  De la même manière, je peux travailler pour satisfaire ma valeur « réussite matérielle », « exercice du pouvoir », « épanouissement personnel », « affirmation de soi », etc…

En aucun cas il n’existe une motivation « travail » qui déclencherait l’action « travail » ! Le travail n’est qu’une action concrète qui satisfait des valeurs.

Confondre l’action de travailler avec une valeur, c’est penser que nous sommes programmés pour avoir un désir nommé « travail ». Il y aurait sans doute une émotion « travail » qui déclencherait le désir de travailler. Les robots, les ordinateurs sont certainement programmés ainsi, mais pas l’être humain (ni aucune autre espèce animale d’ailleurs). 

Que peut-on faire, alors, pour réconcilier le travail et les individus qui n’acceptent plus les conditions de vie en entreprise ? Il me semble important de comprendre tout d’abord que ce n’est pas la soi-disant valeur travail qui est dégradée mais que ce sont les valeurs qui amènent au désir de travailler qui changent. Si, pendant longtemps, le travail a été motivé par les valeurs « survie » et « pouvoir », nous vivons, depuis l’avènement du capitalisme, avec des valeurs mondialement partagées du type « réussite matérielle », « enrichissement personnel », « réussite personnelle », et éventuellement « pouvoir ». Cependant, notre société tend à accéder à très petits pas à un niveau d’existence inédit qui abandonne ces valeurs au profit de nouvelles motivations. En effet, les limites d’un monde consumériste qui provoque des dégâts sociaux et environnementaux poussent les travailleurs à repenser leur place dans la Société pour le bien d’un monde plus sensible au sens de la vie, à la fragilité de la nature, etc. S’enrichir ne suffit plus, il convient maintenant de travailler pour satisfaire une vie « qui fait sens ».

Les salaires, les carrières, les responsabilités ne sont plus des critères suffisants pour s’épanouir au travail. Ils sont même dépassés. Les nouveaux venus sur le marché de l’emploi veulent donner un sens nouveau à leur vie et le travail doit s’inscrire dans une démarche qui vient satisfaire des valeurs qui dépassent l’individu.

Il ne s’agit donc pas de réhabiliter cette non-valeur travail, mais de modifier la manière de travailler afin que ce qui nous occupe une grande partie de notre vie réponde aux désirs profonds d’une société plus ouverte sur les autres.

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